French version
Il y a un certain temps déjà, dans un pays écarté, vivait une princesse qui s’appelait Blanche-Neige.
Après le décès de sa mère, le père de la jeune fille s’était remarié.
La reine, sa belle-mère, était une femme méprisante et envieuse.
Elle détenait une glace magique.
Chaque matin, elle s’examinait dans cette glace et lui réitérait la même demande.
« Glace, glace brillante, qui est la plus belle du pays ? »
La glace magique répliquait : « Reine tu es la plus belle ! »
Mais un matin, la glace répliqua : « Blanche-Neige a des cheveux d’ébène et un teint pâle, c’est elle qui est la plus belle ! »
La reine entra dans une terrible fureur.
La Reine fit venir un garde-chasse.
« Emmène Blanche-Neige le plus à l’écart dans la futaie », exige-t-elle, « et tue-la. Je ne veux jamais en entendre parler ! »
Le garde part dans la futaie avec Blanche-Neige. Mais il ne peut faire ce que la Reine lui a demandé.
« Je ne peux pas tuer la Princesse , bien que ma maîtresse me l’ai demandé. Partez afin d’être cachée dans la futaie et ne revenez jamais au château ! »
De suite, Blanche-Neige s’enfuit le plus vite que ses jambes le lui permettent.
Les racines semblent s’attacher à ses pieds et les branches la saisir au passage.
Epuisée de fatigue et de frayeur, Blanche-Neige se laisse chuter par terre et s’apaise.
Pendant qu’elle sieste, des petits lapins s’avancent près d’elle. Arrivent aussi des bébés biches, des écureuils et des piafs qui viennent curieusement. Un reptile à carapace et un chat sauvage s’installent à ses pieds.
Quand Blanche-Neige se réveille, elle distingue les bêtes qui l’encerclent.
Elle n’a plus peur, vraiment plus peur.
Ses récents amis la guident sur un sentier.
Ils arrivent devant une fermette.
Blanche-Neige frappe à l’entrée.
« Y a-t-il quelqu’un ? » demande-t-elle.
Les bêtes de la futaie poussent l’accès.
Blanche-Neige les suit dans la chaumière.
Que discerne elle en entrant ? Une table, sept petites chaises et, sur la table, sept petites jattes.
« Eh ! » s’écrie Blanche-Neige, « cette chaumière est certainement habitée par sept enfants. Je me demande dans quel lieu ils traînent. »
Elle entre dans la cuisine. Quel embarras ! Il y a de la vaisselle sale sur chaque meuble.
« Ces sept enfants ne respectent pas le matériel », se dit Blanche-Neige.
« Je vais faire le ménage », dit Blanche-Neige ; « peut-être que j’aurai la chance de rester chez eux s’ils me le permettent. »
Blanche-Neige se met à quatre pattes et débute le récurage du carrelage.
Puis elle lave la vaisselle en entier avec l’aide d’un bébé biche et d’un petit lapin.
Lorsque que la cuisine brille de netteté, Blanche-Neige et ses amis accèdent au premier étage.
Ils repèrent une chambre avec sept petits lits.
« Qu’est-ce que je suis fatiguée ! » s’écrie Blanche-Neige.
Elle s’étend sur quatre lits et s’apaise de suite.
A cet instant, près de là, sept petits gars évacuent d’une caverne. Ils avaient travaillé depuis le matin à extraire des diamants.
Maintenant c’est l’heure de rentrer.
Ils traversent la futaie en chantant.
« Heigh-hau ! Heigh-hau ! C’est fini les travaux… »
Les sept nains se dirigent vers le lieu dans lequel rêve Blanche-Neige…leur chaumière privée !
« Tiens ! la lumière est allumée ! » S’écrie l’un.
« Il y a peut-être quelqu’un dans la fermette… », Murmure un autre.
Ils paraissent inquiets. Ils entrent en silence. Ils regardent ce qui les encercle.
« Mais quelqu’un a fait le ménage !... » Distingue un des nains.
« La vaisselle est immaculée ! » Remarque un autre.
« Qui a bien pu faire ça ? » demande le suivant.
L’un derrière l’autre, ils grimpent l’escalier sans faire de bruit.
Peut-être y a-t-il quelqu’un là-haut ?
Ils entrebâillent délicatement l’entrée, mais celle-ci se défait brusquement. Patatras ! les nains trébuchent à l’intérieur de la chambre.
Le vacarme réveille Blanche-Neige.
Elle s’assied en écarquillant les yeux.
« Eh ! » s’exclame-t-elle, « ce n’est pas des enfants…mais des petits gaillards ! »
« En effet », certifie un des nains, « mais qui es-tu ? »
« Je m’appelle Blanche-Neige », dit la Princesse.
« Je suis Instit », dit le nain qui a des lunettes.
C’est sûrement le chef de la bande.
« Je suis Heureux », dit le nain qui rit en permanence.
« Je m’appelle Grincheux », dit celui qui a un visage acariâtre.
« Les autres m’appellent Timide », murmure le quatrième. Il essaye de ne pas regarder Blanche-Neige. Il tresse sa barbe avec les extrémités des mains.
« Je m’appelle At… At… Atchaam ! » fait le cinquième en éternuant.
« Les gens m’appellent Rêveur », respire le sixième nain ; et ensuite en désignant le plus petit des nains qui s’est glissé tout près de Blanche-Neige : « Lui c’est Simplet, il ne parle jamais. »
Les sept nains emmènent Blanche-Neige dans la salle à manger.
Il est tard, ils veulent manger !
Blanche-Neige prépare un dîner de huit assiettes. C’est agréable de faire la cuisine avec autant d’aides…
« Je n’ai jamais rien mangé d’aussi délicieux », affirme Heureux.
Grincheux, lui-même, en néglige d’être grincheux.
Avec Blanche-Neige, le repas est une véritable fête !
Après le dîner, les nains prennent place en cercle près de Blanche-Neige. La Princesse leur parle de la Reine cruelle qui veut la tuer.
« Tu n’as qu’à rester ici, Blanche-Neige, et vivre avec les nains », décide Instit.
« Cachée dans la chaumière la Reine ne te repérera jamais ! »
Le lendemain matin, les nains partent au travail.
Blanche-Neige leur dit adieu.
« Fais bien gaffe », avertit Instit, « la Reine est peut-être à ta recherche. »
Au même instant dans le château dans lequel vit la Reine, cette dernière se regarde dans sa glace magique.
« Glace, glace brillante, qui est la plus belle du pays ? »
Et la glace magique réplique : « C’est inlassablement Blanche-Neige ! Elle est bien vivante, cachée dans la chaumière des sept nains. »
« Hein ? Blanche-Neige est vivante ! » Hurle la reine en tremblant de fureur.
« Eh bien ! je vais m’en charger. »
Elle s’élance, par un escalier enserré, vers le passage secret qui mène à la plus grande campanile, lieu dans lequel la Reine prépare ses enchantements.
Dans les ténèbres, la Reine s’empare d’une carafe tapie de cendre.
Elle s’abreuve d’une lampée élancée à même la brèche.
Pffft ! Là elle est changée en vieille femme maléfique…
L’enchanteresse saisit deux canettes, l’une verte et l’autre vermeille.
Elle verse les liquides dans une marmite. Elle prépare un fluide magique.
Elle baigne ensuite une Red Chief dans la marmite.
« Il suffira que Blanche-Neige mange une fine partie de ce fruit », ricane-t-elle, « que ses yeux se ferment à jamais ! »
L’enchanteresse maléfique met la Red Chief dans un panier et se dirige vers la fermette des nains. Elle remarque Blanche-Neige encerclée de ses amis les bêtes.
« Salut, ma belle », grimace la maléfique.
« Veux-tu déguster mes beaux fruits ? »
« Merci infiniment », réplique Blanche-Neige.
Et elle craque une part de la Red Chief envenimée.
Instantanément le sang de la jeune femme se fige, ses yeux se ferment, elle chute à terre.
« Ha, ha, ha ! » ricane la maléfique femme, « ce fluide magique a fait effet… »
« J’espère qu’elle ne se réveillera jamais. »
La Reine ne surprend pas les bêtes, amies de Blanche-Neige, partir à travers la futaie.
Les animaux tentent de prévenir les nains.
« Il se passe un truc ! » estime Instit.
« Blanche-Neige est sûrement en danger ! » reprend Heureux.
Les sept nains s’élancent à l’aide de la Princesse.
En les apercevant arriver, la Reine prend peur.
Elle s’enfuit en regardant derrière elle et chute dans un précipice…
Les nains remarquent Blanche-Neige fermement insensibilisée.
« Il faut que tu te réveilles ! » appelle Instit en la tirant par le bras.
« Il faut que tu te réveilles ! Il faut que tu te réveilles ! » répètent les autres nains.
Mais ils ne peuvent parvenir à réveiller la Princesse.
Ils réalisent un merveilleux lit de pépite et de cristal. Ils y étendent Blanche-Neige.
Matin après matin, ils veillent sur elle.
Matin après matin, ils lui amènent des fleurs.
Mais la charmante Princesse ne s’éveille décidément pas.
Quelques temps après, le Prince d’un pays attenant arrive dans la futaie. Il a entendu parler de la Princesse insensibilisée sur un lit de pépite et de cristal.
Le Prince s’avance près de la Princesse. Elle est plus belle finalement que les fleurs qui l’encerclent !
Il se penche et l’embrasse.
Blanche-Neige débride les yeux.
Le fluide magique a cessé de faire effet.
Elle se lève et badine au beau Prince qui est le sien.
Les nains, heureux, se mettent à rire, à danser et à chanter en même temps.
Le Prince a pris délicatement Blanche-Neige dans ses bras et l’a tenue, à cheval, jusqu’au château.
Ils se marièrent et ils vécurent heureux ensemble.
Bien entendu, les nains de la futaie leur rendent fréquemment visite.